Peuple et Culture Cantal
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Mathieu 46 ans Saint martin de Valmeroux
Le mesnil au poulailler

Moi, je suis un néo-rural. Je ne connais pas grand-chose à la campagne. Je suis arrivé dans le Cantal il y a 15 ans. Et puis, assez vite, on s’est mis à avoir une poule. On nous a offert une poule à Noël, en région parisienne, quand on remontait à Paris. Je ne sais plus qui qui a osé nous offrir une poule.

Donc, on est revenu de nos vacances de Noël à Paris avec une poule dans le coffre. Et on trouvait ça génial. Et depuis 15 ans, on a des poules. Je dis des, parce qu’une poule, ça ne suffit pas. Donc, on en a pris deux et puis trois. Parce qu’en plus, elles ont des pannes, les poules. Donc, elles ne pendent pas toujours. Alors, on avait comme ça, je pense, trois poules à Saint-Martin-Valmeroux. On avait une maison avec un jardin. Et avec un enclos. Il y avait, je ne sais pas, 10 mètres de côté, c’est l’enclos du poulailler et puis le poulailler dedans, c’est la petite cabane qu’on avait fabriquée.

Et donc tout allait bien, quand un matin ou un après-midi, je vais peut-être m’en rappeler plus tard, on trouve une poule morte dans le parc. Et ça nous était déjà arrivé d’avoir une poule emmenée et puis de toute façon tout le monde sait comment ça marche : il y a le renard ou la fouine ou la belette ou je ne sais quoi d’autre. En tout cas, il y a une bête qui était passée. Les spécialistes vous expliquent que si la poule est complètement volatilisée, c’est qu’elle a été emmenée. Ou parfois, elle est décapitée et elle reste là.

Ça dépend de la bestiole. Et puis, ma foi, le constat était fait... Donc c’était arrivé en journée. Et en journée, la trappe de la cabane est ouverte pour que les poules puissent aller depuis la cabane où elles pondent et où elles mangent, jusque dans le parc où elles peuvent se balader. Donc le renard, on va dire ça, avait attaqué la poule. Et il n’y avait peut-être plus de poules en fait, je ne me rappelle plus bien. Pour le coup, là j’ai un petit doute. En tout cas, il manquait une poule et puis il y avait des signes de bataille avec des plumes un peu partout.

C’était un renard sans doute. Parce que le renard emporte normalement.

Et donc ma foi, c’est peut-être un moment où je pense qu’on avait deux poules. Et il n’y avait plus de poules. Donc il y avait deux poules qui n’étaient plus là. Donc on constate ça et puis, on rentre chez nous. On va se coucher et le lendemain matin, je fais comme d’habitude et je vais jeter un coup d’oeil dans le poulailler par la trappe par laquelle on récupère les oeufs et là je découvre qu’il y le renard dans la cabane. J’ai du mal à raconter cette histoire, parce que j’ai moi-même du mal à me rappeler dans quel sens ça s’est passé. Mais je pense que la résolution de l’enquête, c’est que quand j’ai constaté que les poules avaient été attaquées, et bien probablement que le renard était passé dans le poulailler en passant soit sous une planche, soit par-dessus. Donc le matin, je me retrouve avec mon renard dans la cabane, qui était terré au fond. Il n’a pas cherché à me... Moi, j’ai quand même eu peur qu’il me saute dessus et qu’il me morde ou qu’il cherche à se barrer. Et en fait, l’histoire se termine comme ça. C’est-à-dire, je n’ai pas réussi à le faire fuir. J’ai dû prendre un gant et un pull et un bâton pour le faire dégager. Mais en fait il s’était dit que probablement - j’essaie de mettre dans la tête du renard - que s’il partait de la cabane, il allait se faire tuer en sortant donc il est resté au fond de la cabane moi j’ai pas voulu aller me risquer de me faire mordre. Donc j’ai laissé la cabane ouverte, l’enclos ouvert, et puis je suis rentré chez moi et puis quelques minutes après il était plus là.
Et depuis, tous les matins quand on va chercher les œufs de la poule, on se demande toujours sur quoi on va tomber.