Du coup, en 2003, on a une grosse sécheresse, et j’ai un copain qui a des chevaux, il me dit, j’ai un plan à Bordeaux pour amener de la luzerne pas trop chère, d’Espagne. Donc, on lui dit : Ok. Et il me dit : écoute, à deux, on partage une semi de 25 tonnes. Nickel.
Donc on part pour commander comme ça. Et il m’explique, c’est des sacs de 40 kilos. Et dedans, il y a des boules de luzerne grosses comme le poing à peu près. Compressées ? Ouais, compressées. Donc j’ai dit, ok, tous les deux, on se partage le semi de 25 tonnes. Et donc, un jour, le chauffeur arrive. Nous, on on avait demandé à une entreprise du coin de nous prêter un transpalette pour descendre les palettes de ces sacs de luzerne et les monter sur nos remorques. Donc on arrive avec nos remorques, on se met au pied du camion, le chauffeur espagnol il nous explique qu’il ouvre le camion mais que lui, il faut qu’il dorme parce qu’il a fait la route. Donc il rentre dans sa cabine.
Et là, surprise, il n’y a pas de palette. Tous les sacs de 40 kilos, ils sont bien pilés, entrecroisés, du sol du camion jusqu’au plafond. Et là, tu as une après-midi, tu te trouves à deux devant 27 tonnes de sacs de trucs.
On l’a fait dans l’après-midi, on l’a déchargé le camion. Je m’en souviens, les Espagnols, la main d’œuvre n’est pas chère, donc eux, ils n’ont pas mis de palette. Ils ont tout empilé dans le camion. Mais c’était bien empilé, c’était propre. C’était des sacs de 40 kilos. De la luzerne, c’était des boules de luzerne comme le poing.
Et là, quand tu arrives à 2h de l’après-midi, tu vois ce camion plein. Comment on fait ?
Pas une seconde, ni lui ni moi, on a pensé que ça pouvait être empilé autrement. Il nous avait dit des sacs de 40 kilos. On avait le transpalette, on était prêts. On est rentrés à 8h le soir, les épaules bien rouges, quoi, mais... Mais on a tout... Non seulement, c’est physique, il faut tout... Il faut tout dépiler, mais après toi, sur ta remorque, il faut tout piler comme il faut parce que lui, les camions, il avait des barrières par côté pour tenir les sacs. Mais nous, sur les remorques, si tu veux, on avait... Nous, chez nous, ça passe en palette qui sont filmées, donc la palette, elle tient, quoi. Moi j’avais rien. Du coup, il a fallu tout plier propre pour ne pas se casser la gueule les quelques kilomètres qu’on avait à faire pour rentrer quoi.
J’en garde un souvenir, c’était un beau souvenir. Ça tient en forme. Mais la prochaine fois, tu te renseignes quand tu commandes un truc.
Stephane Maurs
Une livraison surprenante
" la palette, elle tient quoi..."