Je suis artiste, créatrice et tout le temps dans l’imaginaire et dans le concret également. Donc c’est comme si je jonglais. Comme je l’ai dit, je peux être super joyeuse comme super triste, mais tant mieux, c’est la vie, et puis on fait avec.
J’ai été conçue ici, mes parents ici au Vigan, dans le Grenier. Maintenant, il y a quatre chambres dans le grenier. Donc, on a de la chance, il n’y avait qu’une chambre à l’époque. Sinon, on serait quatre !
Je suis fière d’être la cinquième génération à occuper la maison. Je vis toute seule et j’assume ma solitude. On venait tous les ans, les 5-6 semaines d’été, habiter ici. Donc j’ai connu, j’ai appris à nager à la piscine. J’ai connu Mauriac il y a 50 ans. Et je vois que c’est une ville qui évolue bien. 3 500 habitants, Il y a un hôpital, il y a des médecins, il y a une maison sociale, il y a un cordonnier, très bien chaussé, il est bien. Il y a une épicerie avec un belge, il y a des gens qui viennent d’ailleurs, il y a un super magasin de jouets, il y a une médiathèque fantastique, il y a un cinéma, il y a une école de musique. Que demande le peuple ? Et je trouve que l’Auvergnat commence à s’ouvrir l’esprit grâce à nous qui venons de l’extérieur. Parce que moi en tant qu’Auvergnate de sang, parce que j’ai vécu ici que... Je trouve que le cul terreux, ça y est, il sort les doigts de la croûte de bouse. Et je trouve ça bien.
J’ai été conçue ici à Chambes, donc les vacances, vous l’avez compris, toutes les vacances. Et mes vacances de Noël, je les passais chez ma mémé. On vivait dans... Qu’avec un âtre de feu, endormi dans le grenier qui n’était pas isolé, chauffé avec la braise, ça va, je connais mon pays. Mais j’habitais en région parisienne, dans les Yvelines, bien chauffé avec la moquette. La transition ! Les fermes à l’époque, c’était deux ou trois animaux . Ça permettait de survivre, et même de vivre, parce qu’on vivait bien à l’époque avec cela. Bien. T’avais à boire, à manger, t’avais envie de vivre bien.
Et puis les gens se réunissaient, se réunissaient, merci, se réunissaient pour aller manger les châtaignes au coin du feu, se raconter des histoires comme il n’y avait pas de médiathèque.
Mais ils savaient faire le partage. Comme vous le faites là, avec les moyens de la modernité. Ca fait depuis le mois d’octobre que j’ai pris la maison maintenant à 100%. Donc voilà. Je m’invite à vivre dans mon pays auvergnat.
Myriam Mauriac
"Je m’invite à vivre dans mon pays"
" je trouve que le cul terreux, il se sort les doigts de la croute de bouse.."