Je vais expliquer une rencontre que j’ai faite après quelques nombreuses années assez
tumultueuses. Alors c’est une rencontre avec une jeune dame qui s’appelle Anne. Suite à ma retraite. Parce que j’ai fait une carrière dans une usine de couettes à Aurillac. 0Je suis rentrée à 16 ans, j’en suis sortie à 60 ans. Et puis j’ai dit, bon, moi je ne peux pas me permettre de rester à la retraite, voilà, parce que voilà... Alors j’ai dit, il faut que je trouve du travail. Mais je travaillais aussi comme aide à la personne, j’ai fait les remplacements aux hôpitaux, les remplacements en maison de retraite, dans la restauration, j’ai fait de nombreux métiers. Bon, arrivé à la retraite, pareil, je travaillais, j’étais aide à domicile à la personne, C’est pas très marrant. Et après, je me dis : bon, j’ai dit, la France, ras-le-bol, je voulais partir dans un pays, voilà, pour m’occuper. Je voulais m’occuper de personnes. Je voulais créer une maison familiale. Mais bon, ça n’a pas abouti. Après, j’ai dit bon, alors... Et après, le hasard, je ne sais pas si c’est le hasard ou la vie, a voulu que je rencontre une jeune fille. Ces parents avaient besoin, ça faisait plus de 30 ans qu’ils cherchaient quelqu’un pour s’occuper, parce qu’ils étaient âgés, donc ils cherchaient quelqu’un pour garder Anne parce qu’ils ne voulaient pas la placer dans un foyer. Il ne tenait pas à la mettre dans un foyer.
Et alors, j’ai eu la chance, en travaillant pour la maison B, chez les sœurs, là, à Quezac, tout ça. Je travaillais avec Josette C, qui est là, présente. Et c’est elle qui était dans la famille, avec Blanche, avant moi, et qui m’a cédé sa place. Voilà, elle m’a cédé sa place, pour des raisons personnelles. Et j’ai pris le relais de Josette pour s’occuper d’Anne. Anne qui est handicapée mentale.
Et voilà, ça fait que depuis sept ans, ça fera sept ans au mois de juillet, que je suis avec Anne ... Je reste avec elle, qui est très heureuse. Tout le monde s’en est rendu compte.
Elle a fait beaucoup de progrès parce que ses parents... Elle était dans un contexte où ses parents la voyaient handicapée. Et puis bon, ils avaient un certain âge. Nous faisons beaucoup de choses. Voilà, j’ai beaucoup stimulé, on va à la piscine. On va à toutes les associations, on fait des jeux, on va danser... Ah oui, tant qu’à faire ! Voilà, des boîtes de nuit. Voilà, on fait tout. La piscine, voilà. On fait l’association Alzheimer aussi. On va au ping-pong, on fait des jeux. On est dans toutes les associations. On fait des massages, voilà. On fait plein de choses. On fait tout.
Là on apprend à faire du cheval. Faire du cheval, faire du vélo, on va essayer de tout.
Je suis auto-entrepreneur, parce que d’après madame la juge, parce qu’Anne a un tuteur, pour pouvoir faire ce travail, il a fallu que je me mette auto-entrepreneur. Parce que comme salariée, c’était pas possible. Parce qu’il fallait que je prenne des vacances. Enfin, la loi dit prendre des vacances, travailler 48 heures par semaine, je sais pas. Mais dans le cas où je suis moi, c’était pas possible. Il fallait que je sois 365 jours sur 365. Donc j’ai le statut d’auto-entrepreneur. Après, pour vous dire, je ne suis pas du tout malheureuse, je suis très bien. Anne est très gentille, ça se fait bien. C’est comme si c’était mon cinquième enfant.
Marie Thérèse Maurs
S’occuper d’Anne
"Tant qu’à faire..."