Peuple et Culture Cantal
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... cinéma d’ici et d’ailleurs ...
Ginette Maurs
Ma famille et ma venue au foyer...

"Je suis venue ici... Ma fille est tranquille parce que je suis en sécurité"

Je suis née à Paris. Mes parents étaient là-haut pour leur travail. Mais j’ai passé ma plus tendre enfance chez ma grand-mère maternelle à Saint-Constant, parce que l’air était meilleur. Et puis j’ai fait ma scolarité primaire à Paris et quand il y a eu la guerre, on est revenu ici et mes parents travaillaient à Decazeville, il y avait des emplois là-bas et moi j’étais à l’école et le collège à Decazeville.
Et je suis repartie à Paris. J’ai passé le concours d’école normale et j’ai été admise là-haut, au Bourget. J’ai donc fait quatre ans d’école normale au Bourget.
Et j’ai démarré ma vie là-haut. Entre-temps, j’ai connu mon mari, qui lui était carrément d’ici, qui est venu là-haut, qui a fait une carrière à la RATP, parce qu’il ne pouvait pas m’abandonner. Moi, j’étais affectée là-haut. Alors j’ai fait toute ma carrière là-haut et lui aussi. On a eu deux enfants qui ont fait des études convenables, qui ont eu une belle situation. Et alors les enfants ont fait une maison ici, la fille a acheté une maison à Maurs. Et alors quand ils viennent ici, ils s’arrangent pour partir dans leur résidence secondaire.
Un tour de rôle pour que je ne sois jamais toute seule. C’est sympa ça. Alors quand mon mari est décédé en 2015, je ne voulais plus faire les allers-retours. On a vendu la maison de Rueil-Malmaison et j’ai fait une petite maison à Saint-Constant. Une petite maison qui était très agréable pour moi toute seule. Et j’ai vécu quand même neuf ans dedans. Et après je suis venue ici (NDLR : au foyer des Vaysses), surtout pour libérer mes enfants. Parce qu’il m’arrivait de tomber, je marche mal, je fais de la polyarthrite, je ne suis pas en grande forme. Alors j’ai préféré, ça leur permet... Bon ma fille est partie, elle est partie tranquille parce que je suis en sécurité. Voilà.
Oui. J’ai fait pratiquement toute ma carrière à Suresnes. J’avais des petits français et des petits arabes. Parce qu’à Suresnes, il y avait quand même pas mal de petits arabes.