On va parler de mes beaux-parents qui ont une histoire un peu atypique, puisque mon beau-père Maurice était né en décembre 1929 à Paris. Mais toute la famille était originaire de Saint-Santin côté Aveyron, derrière l’église de l’Aveyron. Parce qu’on parle comme ça à Saint-Santin. Il y a un côté cantal et un côté Aveyron. Saint-Santin-de-Maurs, c’est l’Auvergne, et Saint-Santin-Aveyron, c’est l’Occitanie. D’un côté on commémore les morts du Cantal, de l’autre côté les morts de l’Aveyron. Il y a un stade de foot où la limite passe au milieu. Et sur le village, entre les deux églises, parce qu’il y a deux églises, la limite passe au milieu avec une maison centrale qui est répertoriée du côté de l’Aveyron parce que la chambre est considérée lieu de procréation. Et quand Yvette, ma belle-mère, est née en mars 1932, les Aveyronnais ne fréquentaient pas les Cantalous. C’était interdit. Les Aveyronnais n’allaient pas dans l’église côté Cantal. Il faut peut-être juste un tout petit peu, préciser l’originalité de Saint-Santin. Ces deux églises...C’étaient des gens très pieux. Il y a eu la seconde guerre mondiale, Maurice est revenu avec sa famille se réfugier dans la maison familiale derrière l’église de l’Aveyron. Et il y a eu le bal de la libération qui a permis aux gens, les Aveyronnais, de fréquenter un peu les Cantalous. Ça a été la seule période où ils ont pu un petit peu se côtoyer. Mais après, c’était toujours un peu particulier puisque... Les vieux démons ont repris, les vieux tabous, comme on dit. Mais quelques temps après, une petite histoire d’amour s’est créée entre Yvette et Maurice.
Et en fait, la petite anecdote, c’est que Yvette et Maurice ont été le premier couple vraiment officiel entre un Aveyronnais et une Cantaloue à se marier à Saint-Santin. Et de là est née deux enfants.
Cathy Maurs
Le village coupé en deux
"Il y a un stade de foot et la limite passe par le milieu..."