J’ai rencontré Mireille. Je ne parle pas espagnol. Alors, pour moi, c’est Mireille. Une première fois, on participait aux Restos du Coeur, à la collecte, à Aldi. Tous les deux. Et bien, comment te dire, je ne sais pas, deux ou trois mois après, on s’est rencontrés au marché, on s’est donné le téléphone et après, depuis deux ou trois ans, on est ensemble.
Et elle n’avait jamais cuisiné. D’abord, je dis pour préciser : elle était professeure de fac et ça n’a été pas facile de cuisiner, il faut le dire. Mais maintenant, on mange bien. La preuve (il montre son ventre : NDLR).
Je suis agriculteur. Je suis à 70 ans, mais encore je suis agriculteur. J’ai 13 vaches aubrac. Et la retraite n’est pas élevée. Je touche plus de primes que de retraite.
Et après, tous les deux, on a... Parce qu’elle est passionnée d’histoire. Et alors on remonte le temps du village. À l’origine, c’était des gens de Maurs qui avaient la ferme, qui l’ont vendue au châtelain. Et après, ça a été vendu et les agriculteurs se sont partagés entre voisins, ils ont acheté.
Pour l’instant, on n’a pas fini le livre. Il y en a toujours quelque chose à mettre. Une fois, c’est l’histoire de la grand-mère, du grand-père, des oncles, tout y passe. Enfin bon, on finira, je ne sais pas quand, je ne sais pas si on a le temps, mais bon. Le temps est compté, mais bon, ce n’est pas grave.
Bernard 70 ans Maurs
La rencontre avec Mireille et l’écriture du livre
"le temps est compté. Mais bon, ce n’est pas grave.."