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Un paese di Calabria

Shu Aiello et Catherine Catella, 2016, 90’


Nous sommes heureux par ces temps de durcissement de la forteresse Europe, de projeter ce film positif et plein d’espoir... Doublement heureux de proposer cette soirée au Bouyssou, dans la ferme de Pierre Couderc, où nous n’avons encore jamais projeté de film ! Pour vous y rendre, depuis le tour-de-ville de Maurs, prenez la route départementale D319, en direction de St Cirgues sur 1,5 km, en suivant les flèches...
Venez dès 20h pour un repas partagé... avant de continuer avec la projection en plein air, sous les étoiles du Bouyssou !


A la fin des années 1990, un bateau s’échoue sur la plage en contrebas du village de Riace, en Calabre. A son bord 200 Kurdes qui viennent de passer huit jours en mer. Spontanément, les habitants courent à leur secours et naît l’épopée d’une amitié renouvelée entre ceux qui vivent là et ceux que la mer amène jusqu’ici.
Depuis vingt ans, ensemble, ils redonnent vie à ce petit patelin oublié des cartes et réhabilitent les vieilles habitations à l’abandon, rouvrent des commerces, remplissent les écoles. La population de Riace est ainsi passée de 900 habitants en 1998 à 2100 en 2016.

Le film de Shu Aiello et Catherine Catella fait le portrait d’une utopie devenue réalité. Au cours de cinq sessions de tournage d’une dizaine de jours, les deux cinéastes ont filmé les événements marquants qui rythment la vie à Riace. Les messes, les baptêmes, les élections, les fêtes populaires célébrant les saints Cosma et Damiano, arrivés de Syrie, dit-on, il y a des centaines d’années pour soigner les habitants de Calabre. L’exil et l’accueil ont forgé l’identité de cette région, parmi les plus pauvres d’Italie depuis toujours.
La voix off de Rosa Maria, la grand-mère calabraise de Shu Aiello, court tout au long du film. Elle fait le récit intime de son parcours d’émigration vers la France et rappelle qu’en deux siècle près de 40 millions d’Italiens ont quitté leur péninsule. « Ce sont des gens qui ont la mémoire de l’exil des leurs, et qui ont l’habitude de regarder la mer », dit la réalisatrice à propos de ces villageois vertueux. Quand le premier bateau arrive, Domenico Lucano, le maire actuel de Riace, est un élu d’opposition. Animé par un fort sentiment de solidarité, il est convaincu que son village peut devenir « la maison des humbles ». De tout temps, raconte-t-il, on a su y accueillir les bergers et les Gitans. Il voit dans l’arrivée de ces nouveaux exilés la chance d’inventer un nouvel avenir. Depuis, Domenico Lucano a été réélu trois fois et son initiative, relayée par l’association Citta Futura, a permis d’accompagner plus de 6 000 exilés venus de plus de 20 contrées différentes. Ici, l’on découvre une Italie libérée des clichés xénophobes et identitaires. « Ceux qui sont partis, beaucoup ne reviendront pas. D’autres arriveront… C’est l’histoire des hommes, non ? Il n’y a rien à dire de plus. » Ce sont les derniers mots de Rosa Maria. Juste après, quatre mineurs isolés, venus d’Égypte, s’essaient à chanter l’hymne italien des partisans : Bella ciao !

Emilien Urbach – L’Humanité – février 2017


Réclame !


Kikiafékoi

  • AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S) Shu Aiello, Catherine Catella
  • IMAGE Steeve Calvo, François Pagès, Maurizio Tiella
  • SON Jean-François Priester
  • MONTAGE Shu Aiello, Catherine Catella
  • MUSIQUE ORIGINALE Francesca Breschi
  • PRODUCTION / DIFFUSION Les Productions JMH, Tita Productions, BO Film, Marmitafilms, Juste distribution

Voir en ligne : Le site du film


    Depuis 2013 que nous savons archiver les dates des séances, ce film a été ou sera projeté :
    Le 7 juillet 2018 à 22h00 à Maurs, le Bouyssou, ferme de Pierre Couderc